STOP à la société du fichage-contrôle

Nous sommes nombreu·x·ses, cyclistes du quotidien ou occasionnels, à être attaché·e·s au respect de nos libertés et de notre vie privée. Au delà de l'utilité du vélo, nous y voyons un objet capable de nous porter collectivement vers un idéal d'émancipation et de nouveaux imaginaires sociétaux.


A contre-courant de cet idéal, acquérir une bicyclette nécessite désormais de se faire ficher auprès d'opérateurs privés et d'un fichier centralisé. Quelle philosophie se cache derrière ce dispositif ?


"Le recul historique du droit inaliénable de ne pas laisser trace de son passage quand on ne transgresse aucune loi s'installe dans nos esprits et dans nos vies sans rencontrer d'autre réaction qu'une sidération immature. Il est déjà devenu impossible de prendre un train sans décliner son état-civil ; utiliser en ligne son compte en banque impose de faire connaitre son numéro de téléphone portable ; se promener garantit que l'on est filmé." (le monde diplomatique - avril 2020)


Il s'agit ni plus ni moins qu'une tentative de résoudre un problème de société -le vol- par une solution technologique. Cette tendance de fond de faire appel à la technologie et à l'inscription dans des fichiers s'immisce de plus en plus dans nos vies, sous prétexte sanitaire, sécuritaire, etc. Cette tendance n'est pas neutre. Des mesures qui paraissent insignifiantes participent à rendre acceptables d'autres autrement plus graves. Au regard de quoi, le fichage obligatoire des cyclistes entré en vigueur le 1er janvier 2021 doit être contesté.

"Nous interrogeons le tour que prend notre société, ivre de surveillance et d'identification permanente. Oui, nous attaquons ce système d'identification parce qu'il est trop lourd, trop contraignant, trop intrusif — là où la confiance et l'entraide devraient l'emporter — parce ce qu'il n'est pas proportionné à l'objectif qu'il se donne. Et nous l'attaquons parce qu'il postule une société de la suspicion et du contrôle de police, que nous refusons tant que c'est encore possible.

Nous le faisons parce que que nous pensons que nous avons le devoir collectif, en tant que société, et même en tant que civilisation, de regarder ce qu'il advient de nous, peu à peu mais inexorablement, à force de céder à la facilité : cette frénésie de l'identification pour se rassurer, cette délégation de l'identité à des fichiers centraux sans contrôle, la démesure des moyens matériels et financiers mis en œuvre pour simplifier, pour « fluidifier» le contrôle permanent jusqu'à le rendre invisible, indolore, insensible, tout en multipliant les conséquences néfastes pour la personne qui refuse de s'y soumettre, et ne demande que la confiance de ses égaux."
La Quadrature du Net #229, à propos du pass sanitaire.

Arguments salutaires que nous reprenons pour dénoncer l'obligation "d'identification des cycles", en réalité un fichage des cyclistes.


 
Notre collectif millite donc pour :

  • le rétablissement d'un système d'identification reposant sur un marquage obligatoire des cycles mais un fichage facultatif des cyclistes, tel qu'initialement porté par la FUB et conforme au texte de loi,


  • le rétablissement d'un droit d'opposition garantit par la CNIL, qui permettrait à quiconque inscrit au fichier de demander l'effacement de ses informations personnelles, tel que le permettait le Bicycode,


  • le rétablissement d'un accès aux informations personnelles par les ayant droits uniquement pour les vélos déclarés volés ou sans propriétaires, tel que le restreignait le Bicycode.



Un complément d'informations sur l'historique du fichage obligatoire des cyclistes et l'argumentaire soutenant nos positions est disponible ici


Face à l'urgence de s'organiser collectivement pour contrer ce dispositif, une poignée de cyclistes a décidé de lancer ce collectif.


Si vous partagez nos revendications et souhaitez nous rejoindre, écrivez-nous à ccfoc@riseup.net. Nous vous invitons également à transmettre notre lettre ouverte et à faire connaitre largement notre existence et nos idées.